La fiche de paye – décryptage des salaires et passage au prélèvement à la source

Aujourd’hui nous allons regarder un élément central du patrimoine et que pourtant grand nombre d’entre nous ne connaissent pas : la fiche de paye. Nous n’allons pas la lire ligne à ligne. Nous allons examiner quatre salaires différents : le salaire net, le salaire brut, le salaire net imposable et le salaire brut chargé.

exemple de fiche de paie
Exemple de bulletin de paie

Pour analyser votre fiche de paye, je vous propose de l’avoir à coté de vous pendant la lecture. Si vous n’en n’avez pas sous la main, je joins une fiche de paye type, sur la base de 1 000€ ce qui nous permettra de faire des calculs simples. Sur cette fiche de paye, je vous propose de repérer le salaire brut, les montant des retenues salariales et patronales.

Le salaire brut

C’est la référence. C’est ce que chaque employé a négocié avec son employeur. Pourtant, c’est une valeur qui ne correspond à rien de réel. Elle sert simplement de base pour les calculs qui vont suivre. Dans l’exemple uploadé ici, le salaire brut est de 1 000 €.

Le salaire net

La valeur est intéressante puisque c’est ce que nous avons dans notre poche (pas tout à fait, nous le verrons plus tard dans le chapitre du prélèvement à la source).

On part du salaire brut auquel on retranche les charges salariales. On obtient ainsi le salaire différé. Il s’agit du salaire qu’on touchera en cas de maladie, de perte d’emploi ou lors de la retraite. Je vous invite quand même à réfléchir au rapport entre ce qu’il coûte réellement et ce qu’il apportera lors de la survenance de l’aléa.

Le salaire brut chargé

C’est un montant qui n’est mentionné nulle part et qui pourtant devrait être la base des négociations salariales ! Pour trouver le salaire net chargé, il faut additionner le salaire brut et les charges patronales. Il représente la valeur ajoutée que vous devez produire pour rentabiliser votre paye. Ce salaire est la véritable valeur de votre job.  Les charges prélevées constituent elles aussi du salaire différé (ce sont essentiellement les mêmes postes).

En grande masse, le salaire net chargé est 40% plus élevé que le salaire brut (1.408 € dans l’exemple donné). Le salaire net ne représente lui que (environ) 20% du salaire brut (moins de 760 € dans l’exemple). Au final c’est donc la moitié de votre valeur qui part en charge. Dis autrement notre revenu net n’est que la moitié de la valeur de notre job.

Le salaire différé

La différence 1.408-760=768 peu correspondre à du salaire différé. c’est à dire du salaire qu’on touchera si on tombe malade ou lorsque nous serons à la retraite. En effet, toutes les charges, qu’elles soient dite patronnales ou salariales visent à subventionner la sécurité sociale et autres organismes qui nous assurent notre salaire quoi qu’il arrive.

En fait nous ne toucherons malheureusement pas ces 768€. Pour mémoire, à l’heure actuelle le taux de conversion d’un cadre dans sa quarantaine est de 43%. C’est à dire que notre cadre qui aurait touché 1000€ brut par mois touchera une retraite de 400€ bruts (soit bien moins de 400€ net puisqu’il faudra encore retirer des charges). L’écart entre les 768€ théorique et les (moins de) 400€ c’est ce que nous coûte notre système de redistribution.

Les travailleurs non salariés

A ce point de l’article, il me semble important de faire une disgrétion pour les travailleurs non salariés. Bien sur, en tant que non salariés, ils ne reçoivent pas de fiche de paye. La composition des charges n’est pas tout à fait la même, mais s’il existe quelques similitudes. Le travailleur non salarié cotise lui aussi pour des organismes sociaux, sous le forme de “salaire différé”. En revanche il faut bien avoir conscience que le taux de cotisation est un peu inférieur et que le taux de redistribution est lui nettement revu à la baisse.

Le conseil pour tous les travailleurs non salariés et de ne pas considérer la totalité de votre revenu comme un salaire. Vous devez en mettre une part significative en épargne pour assurer votre salaire différé. Les dispositifs Madelin sont là pour vous aider (mais pour autant une réflexion globale doit être menée pour améliorer l’efficacité de cette prévoyance précaution).

Le salaire net imposable

Quand on touche un salaire, on doit payer des impôts. Ces impôts sont calculés sur le salaire net imposable … qui est plus élevé que le salaire net réellement touché. Nous payons des impôts sur une partie de salaire que nous ne touchons pas !

La différence est constituée par la CGS et la CRDS non déductible. C’est une belle invention : ils constituent un impôt sur lequel on paye un impôt.
On rajoute aussi dans le salaire net imposable les avantages en nature que vous pouvez percevoir telle la mutuelle par exemple. Son coût est retiré du salaire net net. En plus, on paye des impôts sur ce montant. Il est donc erroné de croire que la mutuelle est payée par l’entreprise. Il peut être intéressant de se poser la question de l’adéquation de la mutuelle d’entreprise par rapport à nos besoins propres.

Le prélèvement à la source

Je ne vais pas faire ici le (long) inventaire des raisons pour lesquelles je suis défavorable au prélèvement à la source. L’avantage de ce système c’est qu’il va nous permettre de voir un “salaire net net” qui reste réellement dans notre poche une fois toutes les charges relatives au salaire payées.

Aujourd’hui la déclaration de revenus a été réalisée. Chacun connaît normalement son futur taux moyen d’imposition. 

Le simulateur

PS : le gouvernement met à disposition de qui veut un simulateur des composantes du salaire. Ce simulateur est plus fin que la fiche de paye théorique jointe en début de l’article puisqu’il intègre les aides pour les bas salaires.

En plus je trouve pédagogique le bas de la fiche de calcul qui explique à quoi servent les cotisations. Vous avez 4 points d’entrée qui vont du salaire total chargé au salaire net après impôt.

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