De l’incendie de Notre-Dame à la gestion de l’épargne

Il est intéressant de faire quelques parallèles entre l’actualité et la façon dont on gère son patrimoine.

Auto assurance

Le public a été surpris d’apprendre que ce joyau national n’était pas assuré. Plus exactement, l’État est son propre assureur pour les biens patrimoniaux. Doit-on systématiquement recourir à une assurance pour se prémunir d’un risque ?

Une assurance (à fond perdu) consiste à payer une prime. En cas d’aléa, l’assureur verse un capital (ou une rente) à l’assuré. Pour faire ultra simple, la prime est calculée en divisant le montant du risque par son occurrence (moyennant un facteur qui représente les frais de gestion de l’assureur). Dans le cas de Notre-Dame, la prime aurait été astronomique compte tenu de la valeur patrimoniale du bien. Il faut souligner qu’avec un seul incendie en 856 ans, l’État a finalement bien fait d’économiser.

De la même façon, un particulier peut très bien étudier son risque (le montant des sinistres) et sa sinistralité. Il pourra mettre en œuvre des mécanismes de création d’un capital en vue de se protéger. L’avantage est évident : Si le risque survient suffisamment tard, le capital aura largement eu le temps de progresser.

L’avantage fiscal des dons

J’ai entendu une polémique au sujet de l’avantage fiscal autour des dons.

Avantage pour l’État

Si la réparation coûte 1000 et s’il n’y a pas de don, l’État (donc nous) doit débourser 1000.

Allons un peu plus loin dans le calcul: Si l’avantage fiscal est de 66% (le taux habituel) et que 300 sont obtenus grâce aux dons, l’État doit compléter les 700 manquants de sa poche. Les 300 initiaux lui coutent 300×66%= 200. Le chantier global coûte donc à l’État 700+200=900 au lieu des 1000 initiaux. Ce mécanisme permet donc à l’État d’économiser 100 (avec les chiffres purement théoriques que nous avons pris)

Avec un avantage fiscal de 75%, l’État incite davantage de personnes à donner. Admettons que cela motive un tout petit peu plus de donateurs et que 500 sont obtenus pour financer la reconstruction, ces 500 coûtent 75% à l’État, soit 380. Le coût total pour l’État est donc ramené à 880. Cela reste une bonne affaire pour l’État (donc nous) si cela motive suffisamment de personnes.

Je retiens deux choses
1/ il faut savoir analyser ce qu’il y a derrière un chiffre : une défiscalisation accrue permet à l’État d’économiser plus d’argent.
2/ il faut savoir donner pour recevoir

Du comportement des individus

J’ai été ému de voir la cathédrale en feu. Pourtant je ne suis pas chrétien pratiquant. J’ai vu les campagnes de collecte être lancées et des millions d’euros ont été collectés.

Par la suite, le gouvernement a annoncé que l’avantage fiscal serait de 75% et non plus de 66%, mais que les cagnottes seraient limitées à 4 organismes dûment référencés.

Enfin dans un troisième temps est apparue la polémique sur la forme du chantier : à l’identique ou bien projet « innovant ». Les gens qui ont déjà donné ne peuvent plus choisir. Ils ont donné peut-être pour un projet auquel ils ne souscrivent pas.

Ce que j’en retiens : la précipitation émotionnelle est mauvaise conseillère. En matière de trading, on entend parler du market timing. Les vrais traders savent que le parfait market timing est une pure chimère (ce sera l’objet d’un autre billet). Pire encore, certains escrocs se basent sur l’émotion pour monter leurs escroqueries. On a ainsi vu apparaitre de fausses cagnottes dont l’argent n’ira jamais à la cathédrale.

La gestion de l’émotion dans les placements donne lieu à un sujet d’étude à part entière : la finance comportementale. Ce domaine étudie le biais des émotions par rapport à la rationalité que devrait garder en tête tout investisseur. Nous vous invitons également à regarder la vidéo présente sur l’article « les 8 commandements pour épargner avec succès ».

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