Les accords de Bretton Woods désignent un texte fort qui a reconstruit le monde (ni plus ni moins) à la suite de la 2ème guerre mondiale.
La conférence a duré plus de 3 semaines, réunie 44 nations et 730 délégués.
L’économiste anglais Keynes est à l’origine des idées faisant émerger une économie mondiale. Les Américains ont recentré le débat autour d’eux…
Les fondations
La conférence est composée de 3 commissions lesquelles sont à l’origine de la création
- du FMI (Fonds Monétaire International)
- de la Banque Mondiale (historiquement la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement BIRD).
- Faute d’accord, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ne sera pas créée à Bretton Wood. Ses bases seront posées et vont servir pendant 30 ans à négocier des accords portant sur les tarifs douaniers (GATT en anglais) … vous me voyez venir avec les évènements « Trumpiens ».
Le système monétaire international
Puisqu’on parle du commerce centré sur les États-Unis, il faut peut-être détailler le Système Monétaire International en quelques lignes :
- Avant la 1ère guerre mondiale : l’étalon or = les monnaies ne sont pas convertibles entre elles. En revanche, la valeur de chacune est assise sur les réserves d’or du pays. Ce système s’écroule à la faillite de plusieurs pays lors de la guerre.
(salutations à tous ceux qui sont encore persuadés que l’or est une valeur refuge) - Entre les deux guerres, un système est mis en place pour essayer de prendre le relais. L’étalon de change-or sera tellement instable qu’on estime qu’il sera à l’origine de la crise de 29, transformant une crise boursière en crise bancaire.
- Après la 2nde guerre, Keynes propose le « bancor », une monnaie internationale pour favoriser les échanges.
Keynes et son collègue Schumacher ont aussi imaginé un organisme international de compensation pour limiter l’évasion fiscale mais surtout pacifier le commerce international notamment en limitant le protectionnisme douanier.
Les Américains sont préoccupés par la montée du communisme. Ils obtiennent que le dollar soit cette monnaie internationale, adossé à leurs réserves d’or (je vous laisse revoir Goldfinger et autres films centrés sur Fort Knox).
Ce privilège exorbitant (mot de Valéry Giscard d’Estaing, popularisé par Charles de Gaulle) permet aux Etats-Unis de maitriser le commerce international et de financer le déficit américain sans aucune réserve.
Bretton Woods … et maintenant ?
La fin de Bretton Woods est souvent associée au dilemme de Triffin (dans les années 60) : « si les Etats-Unis refusent de fournir des dollars aux autres pays, les échanges commerciaux stagnent et la croissance serait étouffée. Mais s’ils impriment trop de dollars pour lubrifier la croissance et les échanges, ils tuent la confiance dans leur engagement à les convertir en or ».
Dans les années 70, les États-Unis abandonnent leur référencement à l’or. Un système de change flottant est généralisé. Il permettra à John Connally, secrétaire au Trésor sous la présidence Nixon, d’affirmer « le dollar c’est notre monnaie, mais votre problème ».
Pourquoi il me paraissait intéressant de parler de Bretton Woods
la Chine puis les monnaies électroniques remettent en cause l’aspect central du dollar dans les échanges internationaux. Le privilège exorbitant des États-Unis touche inexorablement à sa fin. Dans ce contexte, on comprend que D. Trump veuille maitriser son déficit extérieur.