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la fable des abeilles

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Cyril

Cette histoire m'a marquée parce que je crois en la possibilité (voire la nécessité) d'une économie vertueuse. Forcément, mon idée primaire est de rejeter que le vice puisse avoir une quelconque utilité dans l'économie.
De Mandeville soutient une thèse qui a choqué son époque (et qui influence encore l'économie moderne). Cette fable qui a ouvert la voie aux idées de "la main invisible" d'Adam Smith quelques décennies plus tard.

Analyser le rôle du vice n'est pas l'encourager. Un jour, nous réussirons à transformer la société afin qu'elle devienne meilleure. En attendant, il est important de comprendre comment elle fonctionne dans la réalité.
Est-ce que, par exemple, la fable de De Mandeville ne nous éclairerait pas sur l'actuelle résistance au changement face au dérèglement climatique ?

Cyril

#1
Voici un développement plus approfondi de l'œuvre provocatrice de Bernard Mandeville (1714). À l'origine, c'est un poème intitulé La Ruche bourdonnante ou les Coquins devenus honnêtes.

L'histoire : Une ruche pleine de vices
Imaginez une ruche immense, puissante et riche. Les abeilles qui y vivent ne sont pas des modèles de vertu : elles sont égoïstes, vaniteuses et tricheuses.

Les avocats cherchent des failles pour gagner de l'argent.

Les médecins préfèrent la réputation au savoir.

Les riches dépensent des fortunes en vêtements et palais inutiles pour épater la galerie.

Pourtant, malgré (ou grâce à) cette immoralité, la ruche est florissante. Pourquoi ? Parce que la consommation des uns donne du travail aux autres. Le luxe crée des emplois pour les tailleurs, les architectes et les artisans. La vanité stimule l'innovation.

Le basculement : L'arrivée de la Vertu
Un jour, lassées d'entendre les abeilles se plaindre de la corruption, les divinités décident de les exaucer : elles rendent chaque abeille absolument honnête.

Le changement est immédiat et catastrophique pour l'économie :

L'arrêt de la consommation : Plus personne ne veut de produits de luxe ou de gadgets inutiles. On ne vit plus que de nécessité.

Le chômage de masse : Comme on ne construit plus de palais et qu'on ne change plus de mode, des milliers d'artisans se retrouvent sans travail.

La fin des services : Plus besoin de juges ou de policiers (puisqu'il n'y a plus de crimes), plus besoin d'armées (puisque l'ambition a disparu).

Le déclin : La ruche s'appauvrit, devient vide et silencieuse. Les abeilles restantes, bien que "saintes", finissent par s'envoler et se cacher dans le creux d'un arbre, vivant dans la pauvreté.